Portfolio Alexandre Cecchi Artiste ébéniste

Cet article évoque les origines et les particularités du métier d’ébéniste. Il présente les principales compétences techniques et artistiques requises, ainsi que les éléments différenciants par rapport à la menuiserie.

L’ébénisterie est un métier d’art datant du 16e siècle qui met en œuvre le placage de bois d’ébène sur des meubles ou des coffrets. Par la suite, ces techniques de plaquage s’étendirent à d’autres essences de bois précieux tels que les palissandres, l’acajou et l’amarante ainsi qu’à d’autres matériaux, tels que le laiton, l’étain, l’ivoire, la nacre et les écailles de tortue.

L’ébéniste a donc pour travail, avant tout, de plaquer des meubles pour des raisons purement esthétiques. Une multitude de possibilités s’offrent à lui grâce à la diversité des motifs réalisables. La maitrise technique de l’ébéniste et la précision de l’exécution de ses gestes se traduisent directement dans la beauté et la finesse du placage final.

Tout un parcours d’apprentissage

L’apprentissage d’un ébéniste représente un long et laborieux processus. Il requiert l’acquisition et l’approfondissement de compétences variées telles que la vision dans l’espace, le dessin de plans et la connaissance de l’histoire de l’art. Il nécessite également la maîtrise des techniques liées au travail du bois (pour la partie structurelle des meubles) et celles liées au placage (pour l’allure externe).

Dans le cas d’Alexandre, son apprentissage se réalisa tout au long de son Tour de France avec la Fédération compagnonnique des métiers du bâtiment. Pendant 8 ans, il changea chaque année de ville et d’entreprise afin d’apprendre les secrets du métier auprès de divers maîtres en la matière. C’est ainsi qu’il peaufina son art à Paris, à Orléans, à Avignon, à Grenoble et à Mouchard, dans le Juras. À la fin de son tour, Alexandre s’établit à Paris pour œuvrer dans le prestigieux atelier d’ébénisterie Dissidi, au cœur du faubourg Saint-Antoine.

Quelques outils emblématiques

Tout ébéniste digne de ce nom manie une grande variété d’outils. La wastringue sert à galber le bois. La varlope permet de dégauchir et d’aplanir. Les ciseaux et les gouges sont utilisés pour la réalisation d’assemblages et de sculptures, tandis que la scie à placage sert à faire des coupes dans les feuilles de placage, comme son nom l’indique.

Les principales étapes de la fabrication d’une œuvre

  1. Écouter et cerner les besoins du client
  2. Conseiller et suggérer des idées en fonction des envies et de l’environnement de vie
  3. Présenter et faire approuver le croquis par le client
  4. Dessiner le plan à l’échelle 1, aussi connu sous le nom d’épure
  5. Usiner les différentes parties de l’ouvrage
  6. Sablage (ponçage) et finition (ex. vernis, cire ou laque)
  7. Livraison et installation de l’œuvre + Remise du certificat d’authenticité

Quelles différences entre « ébéniste » et « menuisiers »

L’ébéniste se distingue du menuisier dans la mesure où il s’agit d’un métier d’art et non du bâtiment. L’ébéniste se doit de fabriquer du mobilier selon des courants artistiques précis, tandis que le menuisier réalise davantage des ouvrages tels que des portes, des fenêtres, des parquets et des escaliers.

Il est également intéressant de souligner que l’utilisation du terme « ébéniste » selon les traditions françaises se distingue notablement de cette faite au Québec. Dans le premier cas, le mot fait référence au métier d’art tel que décrit dans cet article, alors que dans le second il fait référence à toute personne dans l’ameublement en général.

En bref, Alexandre résume : « L’ébéniste est un artisan d’art maitrisant les techniques de placage de bois précieux et spécialisé dans le mobilier de luxe ».

Article rédigé pour CECCHI par Marie-Julie Chaput

Alexandre nait en Belgique le 18 septembre 1987. Il est le troisième d’une fratrie de 4 enfants mis au monde par Brigitta Bongartz et Lorenzo Cecchi. Dès son plus jeune âge, les outils et les objets qu’on trouve dans les ateliers le fascinent.

Bien qu’il ne se souvienne pas comment le choix de ce métier s’est imposé à lui, il débute en 2005 sa formation en ébénisterie traditionnelle à l’institut européen de formation des compagnons du Tour du France (IEF-CTF). Deux ans plus tard, il entame son propre Tour de France au sein de la Fédération compagnonnique des métiers du bâtiment (FCMB).

Comme la tradition l’exige dans le compagnonnage, Alexandre voyagera alors aux quatre coins de l’hexagone afin d’apprendre, auprès de maîtres expérimentés, les différents attraits et techniques liés au métier d’art qu’est l’ébénisterie à la française. C’est ainsi qu’il travaillera, année après année, à Annecy, à Orléans, à Avignon, à Grenoble, à Mouchard et à Paris, où il rejoindra la prestigieuse Maison Dissidi en qualité de contremaître.

Très vite, l’envie de créer ses propres meubles se fait ressentir, mais les journées défilent, les ouvrages exigeants se succèdent… ne laissant point de temps pour la création. Alexandre fait néanmoins preuve de patience… Un jour l’occasion se présentera!

En 2017, sa carrière prend un tournant inattendu et prometteur à la suite d’une opportunité d’embauche au Québec. C’est le cœur gros, mais plein d’espoir qu’Alexandre quitte Dissidi et sa brillante équipe pour s’installer outre-Atlantique et vivre son propre rêve américain.

Dès le printemps 2018, ses premières créations voient le jour. Deux ans plus tard, Alexandre lance « Cecchi, une vision de l’art » et concrétise ainsi le rêve de réaliser des ouvrages hors norme, tout en exprimant son propre style.

Ce dernier se distingue par une complexité effacée par l’élégance des courbes et l’âme de l’œuvre. Il se caractérise également par une esthétique distinctive, mais intemporelle qui s’insère harmonieusement dans l’environnement spatial et sensoriel accueillant l’œuvre. Enfin, l’utilisation de matériaux de la plus haute noblesse, appliqués avec infinie précision, traduit les goûts et la main de l’artiste.

Découvrez sans tarder le portfolio de ses créations!

Article rédigé pour CECCHI par Marie-Julie Chaput